Château du Champ de Bataille

À quelques encablures de la capitale normande, c’est au sein d’une adresse singulière que le décorateur et architecte d’intérieur Jacques Garcia installe sa vision bigarrée mais somptueuse de l’intérieur : le Château du Champ de Bataille.

L'esprit des lieux

Genius Loci

Édifié par Louis Le Vau (qui allait bientôt s'illustrer à Vaux-le-Vicomte ou à Versailles) pour un frondeur en exil, sa formation architecturale est une spécificité en soi : deux châteaux qui se répondent en face à face. Spécificité qui est retranscrite, en 1992, par la transformation dudit château par son nouveau propriétaire, Jacques Garcia. Transformation plus que restauration, le terrain de jeu est total, à l'intérieur comme à l'extérieur.

Détails dans le Pavillon Chinois.

Chaque pièce jouit de son chef-d'œuvre propre, à l'image d'un vase issu du toit du Trianon de Porcelaine, commandé par Louis XIV, qui sera détruit dix-sept ans après sa construction. Vase qui aujourd'hui a retrouvé sa fonction première, un nid de plante verte.

Mais c'est dehors que la grandiloquence monte en grade : Jacques Garcia et son fidèle collaborateur, le paysagiste Patrick Pottier, pensent jardins à la française, palais moghol et serres tropicalo-chinoisantes sur ce qui n'était alors qu'un simple jardin fait de pelouses et de bosquets. Les serres renferment une collection d'orchidées, des cascades menant à un salon sous verrière Napoléon III, ensuite sur un salon chinois où dialoguent opalines, jades et dragons sculptés faisant office de fauteuils.

Aujourd'hui encore résidence privée du décorateur, le château révèle un génie des lieux certain : créer une œuvre, et vivre entre ses murs.