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La tradition japonaise au Park Hyatt Kyoto

Il existe un moment, à mi-pente de la colline d’Higashiyama, où Kyoto semble soudain suspendue. Les toits de tuiles se succèdent comme une ligne continue, la pagode de Yasaka s’impose avec calme, et l’animation de Ninenzaka s’atténue peu à peu. Puis, au détour du chemin, presque invisible depuis la rue, une entrée discrète ouvre sur un univers radicalement différent.

À l’intérieur, le rythme change. La température baisse légèrement. La lumière devient plus douce. Et Kyoto ne se donne plus à voir comme une ville animée, mais comme un lieu de retenue et de profondeur.

Le Park Hyatt Kyoto n’est pas simplement un hôtel. C’est une maison d’hôtes de luxe conçue comme une continuité naturelle de plus de mille ans d’histoire culturelle d’Higashiyama. Ici, la tradition n’est pas mise en scène, elle fait partie du quotidien. La sérénité n’est pas un élément décoratif, elle structure l’espace. Chaque passage, chaque ouverture, chaque transition accompagne le visiteur dans une relation plus intime avec Kyoto et son temps long.

Là où l’esprit d’Higashiyama respire encore

Depuis des siècles, les élites, les familles nobles et les dirigeants ont choisi ces pentes boisées pour y établir leurs résidences de retraite. Ils y trouvaient ce que les voyageurs recherchent encore aujourd’hui : la proximité avec la nature, le calme, l’élégance et un artisanat façonné par des générations de maîtres — de la céramique à la cérémonie du thé, de la teinture des kimonos au brassage du saké, de la calligraphie à la peinture à l’encre.

Higashiyama peut sembler animé au premier regard. Mais derrière chaque façade en bois se cachent des savoir-faire transmis avec rigueur et patience, des gestes répétés et affinés sur plusieurs siècles.

Le Park Hyatt Kyoto s’inscrit directement dans cet héritage. Ses fondations ne reposent pas uniquement sur des matériaux, mais sur une mémoire collective faite de rites, de paysages, de jardins et d’histoires, préservée et adaptée à une époque contemporaine.

Kyoyamato : la maison de la puissance silencieuse

Sous les lignes épurées de cyprès et de frêne du Park Hyatt Kyoto se trouve une institution bien plus ancienne : Kyoyamato, un ryotei de septième génération, profondément ancré dans l’histoire politique, artistique et spirituelle de Kyoto.

Le terrain appartenait à l’origine à une lignée de temples bouddhistes, avant d’être rattaché au Nishi Hongan-ji. Au XIXᵉ siècle, ses bâtiments austères accueillaient des samouraïs engagés dans les débats qui allaient façonner le Japon moderne. Après ces bouleversements, Kyoyamato transforma l’ancien temple en maison de thé et de gastronomie, où se croisaient responsables politiques, artistes et figures influentes, dans une atmosphère de grande discrétion.

Aujourd’hui encore, Kyoyamato reste une référence absolue de la cuisine kaiseki. Son pavillon historique, le Soyo-tei — près de quatre cents ans — accueille des dîners privés dans des salles aux tatamis parfumés de cèdre et d’encens, ouvertes sur des jardins composés comme des tableaux vivants. Les menus suivent les saisons, les rouleaux de calligraphie évoluent, les compositions florales changent quotidiennement.

Une maison d’hôtes en harmonie avec la colline

Lorsque Kyoyamato, Takenaka Corporation et Hyatt se sont associés pour créer le Park Hyatt Kyoto, l’objectif n’était pas de s’imposer face à l’histoire, mais de s’y inscrire avec respect.

Takenaka, dont le savoir-faire dans la construction de temples et de sanctuaires remonte à plus de quatre siècles, a abordé le projet avec une exigence presque cérémonielle. Le bâtiment semble aujourd’hui s’être formé naturellement sur la colline : des toits bas aux lignes sobres, parfaitement intégrés au paysage urbain, des façades superposées qui adoucissent la transition entre intérieur et extérieur, et des passages qui donnent l’impression d’avoir toujours été là.

Le principe fondateur est celui du teioku ichinyo, l’unité entre la maison et le jardin, selon laquelle l’architecture doit s’effacer au profit de son environnement.

Les lignes de toit répondent à celles des machiya voisines, les perspectives sont soigneusement pensées pour offrir des vues sur la pagode de Yasaka, les jardins prolongent les couloirs, les couloirs mènent à des cours intérieures, et ces cours s’ouvrent à nouveau sur la ville. Le Kyoto Bistro s’ouvre directement sur Ninenzaka, établissant un lien naturel entre la vie de la rue et la quiétude de l’hôtel.

Il ne s’agit pas d’un bâtiment isolé, mais d’un échange constant avec le paysage, l’histoire et la lumière.

Un jardin vivant, un temps vivant

L’ensemble du domaine se déploie comme un jardin de promenade à double boucle, interprétation contemporaine du kaiyūshiki-en, conçu pour la marche, l’observation et la découverte progressive.

Le paysagiste Yasuo Kitayama, figure reconnue des jardins de temples de Kyoto, a appliqué ici une approche volontairement évolutive. Ses jardins ne sont jamais figés : ils changent au fil des jours et des saisons, offrant une expérience différente à chaque passage.

L’eau circule discrètement dans des canaux dissimulés, des lanternes de pierre balisent les chemins à la tombée du jour, les érables prennent des teintes profondes à l’automne, tandis que les camélias apportent de la couleur en hiver. Certaines espèces rares ont été protégées et réintroduites après la construction, notamment les rainettes vertes des forêts environnantes.

Le jardin Pritzker abrite des pierres venues du Colorado, âgées de plus de trois cents millions d’années, choisies personnellement par Kitayama et offertes par Thomas Pritzker, président exécutif de Hyatt. Elles marquent l’entrée du domaine comme des présences anciennes, solides et silencieuses.

Ici, la nature devient une mesure du temps. Et le temps accompagne le séjour.

Oku to Tsugi : l’art de progresser vers l’intime

L’architecture japonaise repose sur le concept d’oku to tsugi, une succession d’espaces qui guide progressivement vers l’intimité.

Le Park Hyatt Kyoto applique ce principe avec précision.

Le parcours débute par un jardin d’entrée spectaculaire, évoquant un relief escarpé, bordé de cèdres imposants. Viennent ensuite des espaces successifs, pensés comme des transitions : un jardin minéral ponctué de fleurs, un lobby lumineux et chaleureux, un hall de réception aux volumes généreux, puis un salon de thé plus intime où la lumière naturelle filtre à travers les shoji. Un lounge ouvert sur le jardin et une bibliothèque soigneusement sélectionnée jalonnent le chemin.

Lorsque l’on atteint enfin les chambres, volontairement éloignées de l’entrée, le passage du monde public à l’espace privé se fait naturellement, sans rupture.

Des suites cadrant les icônes éternelles de Kyoto

Les chambres du Park Hyatt Kyoto sont conçues comme des espaces de repos profondément apaisants, mêlant bois de tamo, cyprès japonais, textiles sobres, œuvres originales et vues qui évoluent avec la saison.

Trois suites se distinguent particulièrement.

La Ninenzaka House, 68 m², est un refuge ouvert sur la colline, avec des vues sur la pagode de Yasaka, la ville et le coucher du soleil. Inspirée par les reliefs environnants, elle offre une lecture intime de Kyoto à la fin du jour.

La Higashiyama House, 90 m², propose une atmosphère résidentielle, avec un salon et une chambre séparés, ainsi que de larges vues sur la ville. Elle évoque un appartement privé au cœur du quartier historique.

La Pagoda House, 135 m², occupe le point culminant de l’hôtel. La pagode de Yasaka y apparaît comme un élément central du paysage, visible à toute heure, tandis que les intérieurs privilégient des matières douces et une lumière maîtrisée.

Chaque chambre invite au repos, à la pause, au retour à l’essentiel.

L’art dans chaque détail

Les artisans de Takenaka ont fait appel à des techniques traditionnelles rarement utilisées aujourd’hui : assemblages sans clous, toitures mukuri aux courbes subtiles inspirées des résidences aristocratiques, murs texturés faisant écho au palais Jurakudai de Toyotomi Hideyoshi. Des touches de feuille d’or kinpaku captent la lumière avec discrétion.

Le designer Tony Chi a intégré ces références dans des intérieurs chaleureux et contemporains, où chaque matière invite au toucher. Même le centre de remise en forme est conçu comme un espace de discipline et de concentration, plus proche d’un dojo que d’une salle de sport conventionnelle.

Les œuvres d’art présentes dans l’hôtel s’inscrivent dans la tradition spirituelle de Kyoto : peintures à l’encre sumi, sculptures en bois et en pierre, textiles indigo, pièces en bronze et en verre. Les créations d’artistes tels que Katsutomi Horiki, Fabrizio Corneli ou Toko Shinoda mettent en valeur l’esthétique wabi-sabi et renforcent l’idée que l’art ici n’est jamais décoratif, mais profondément ancré dans le lieu.

Une cuisine dictée par les saisons

La gastronomie du Park Hyatt Kyoto s’appuie sur le rythme des saisons et la richesse du terroir local.

Au Kyoto Bistro, la cuisine dialogue directement avec la rue. Les plats, élaborés à partir d’ingrédients locaux, sont servis sur des céramiques Asahiyaki façonnées à la main. On s’y installe pour un café, un thé ou une pâtisserie, en observant la vie de Ninenzaka.

Dans The Living Room, l’Afternoon Tea se déploie en cinq temps autour de la cheminée. Les thés sont sélectionnés avec soin, les douceurs servies avec précision, dans une atmosphère à la fois chaleureuse et structurée.

À Yasaka, le teppanyaki d’inspiration française se déroule sur la plaque traditionnelle, avec une vue directe sur la ville illuminée. Chaque plat conjugue technique française et produits japonais.

Kohaku, le bar intimiste de l’hôtel, propose une sélection pointue de whiskies, sakés et gins produits à Kyoto, face à la pagode de Yasaka. Les matières sombres et les jeux de lumière invitent à des soirées calmes et prolongées.

En hiver, l’offre culinaire s’enrichit de menus festifs proposés à Yasaka, The Living Room et Kohaku. Le Kyoto Bistro accueille le chef Stephan Pantel pour une collaboration spéciale, tandis que Michito Kaneko du Lamp Bar, classé parmi les Asia’s 50 Best Bars, signe une expérience de mixologie exclusive à Kohaku.

Pour une immersion complète, le forfait « Savor & Stay: Yasaka Dinner with Welcome Champagne » propose un dîner à Yasaka accompagné d’une coupe de champagne à l’arrivée, pour des séjours réservables durant la saison hivernale.

Méditation, rituel et la force silencieuse de Sennyu-ji

Les hôtes en quête de recueillement peuvent accéder au temple Sennyu-ji, historiquement lié à la famille impériale. Ils y découvrent l’Ajikan, une forme de méditation bouddhiste Shingon fondée sur la respiration, la visualisation et la conscience du corps.

Une expérience accessible et profonde, qui permet d’approcher la dimension spirituelle de Kyoto de manière directe et personnelle.

Kyoto, éternelle. Kyoto, en mouvement.

Si Kyoto est connue pour ses temples, ses maisons de thé et ses machiya préservées, elle a toujours su intégrer l’innovation. C’est la ville de Nintendo, de grandes universités, et d’entreprises internationales issues d’un même socle : la précision et la curiosité. Le Park Hyatt Kyoto, Kyoyamato et Takenaka incarnent cette continuité, entre héritage et modernité.

Le séjour s’achève là où il a commencé, sur les hauteurs d’Higashiyama, face aux toits alignés et à la pagode de Yasaka. Un lieu à l’écart du tumulte, où l’on ne découvre pas seulement un hôtel, mais une manière d’habiter Kyoto autrement.

Un refuge au-dessus de la ville.

Une maison façonnée par l’histoire.

Une expérience qui se révèle pas à pas, dans le calme.

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Parce que le choix du lieu compte — mais la manière de le vivre fait toute la différence.

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